Devant les parlementaires réunis en congrès, le président de la République s’est employé à délivrer un discours solennel de politique générale aux accents volontaristes cherchant à donner une vision de la France de demain. De ce fait, il n’a pas parlé de la France d’aujourd’hui. Celle où, dans des bassins d’emplois ou des secteurs d’activité sinistrés, les salariés subissent la crise de plein fouet et attendent des mesures concrètes pour améliorer leur situation. Le lancement d’un emprunt national est la seule annonce d’un discours empreint de contradictions. Ainsi, le président déclare ne pas vouloir transmettre la dette aux générations futures ni augmenter les impôts. Mais un emprunt supplémentaire n'estrien d'autre qu’une nouvelle et future dette. Il dit aussi vouloir s’attaquer aux niches sociales. Mais il ne touche pas à la plus injuste d’entre elles, le bouclier fiscal, qui exonère les plus hauts revenus d’une partie du financement de la protection sociale. On ne peut pas vouloir remettre en cause les inégalités et ne pas supprimer celle-là.