Pour la CFDT-MAE, la Charte du Temps, dont elle est à l’origine, a constitué une avancée majeure pour l’amélioration des conditions de travail à sa signature en 2015. Nous regrettons cependant que l’anniversaire de ses 10 ans en 2025 n’ait pas été l’occasion, comme nous l’avions suggéré, d’une réflexion renouvelée et de nouvelles avancées vers une meilleurs conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle.
En l’état actuel des choses, la CFDT-MAE ne peut que déplorer une vision déresponsabilisante pour l’institution. En faisant peser la charge de la qualité de l’organisation du temps de travail uniquement sur les encadrants, on occulte les causes structurelles du problème. La sous-dotation chronique en effectifs, la baisse constante des budgets et l’accumulation des injonctions contradictoires du type faire plus avec moins. L’encadrement se retrouve pris en étau entre des objectifs intenables et l’injonction de préserver les équipes.
Du côté des agents, l’écrêtage s’apparente ni plus ni moins à du travail dissimulé institutionnalisé. Les agents travaillent pour absorber la charge de travail, mais au-delà d’un certain point, ce dépassement est totalement effacé et ni rémunéré ni récupéré. Cela envoie un signal délétère. Le surinvestissement des agents est encouragé par la charge de travail, mais pénalisé ou ignoré dans l’outil de gestion SAGHA.
Par ailleurs, la distinction dans les règles de badgeage entre encadrement supérieur et intermédiaire crée une rupture d’égalité et une opacité dans le suivi du temps de travail. Le forfait jour est souvent perçu par les agents concernés comme la porte ouverte à l’ubiquité professionnelle, effaçant toute frontière entre vie professionnelle et vie personnelle.