Un droit rogné en silence, une perte financière durable pour les agents et une incohérence réglementaire : la CFDT dénonce le piège de la surcote parentale qui touche de plein fouet les générations 1964 et début 1965.
Que dit la réglementation ?
Instaurée par la réforme d’avril 2023, la surcote parentale permet aux assurés ayant eu des enfants de bénéficier d’une majoration de pension (jusqu’à 5 %) s’ils remplissent deux conditions à la fois :
- Avoir atteint la durée de cotisation requise pour le taux plein.
- Avoir un âge légal de départ supérieur ou égal à 63 ans.
Or la suspension de la réforme applicable au 1ᵉʳ septembre 2026 abaisse l’âge légal de départ à 62 ans et 9 mois pour les agents nés en 1964 et au premier trimestre 1965.
L’effet pervers : un abaissement de l’âge qui pénalise les parents
Cet abaissement de l’âge légal qui devait être une avancée se transforme en piège mécanique. Le seuil réglementaire d’accès à la surcote parentale reste fixé à 63 ans dans les textes.
Résultat : en usant de leur droit de partir à 62 ans et 9 mois (soit 3 mois plus tôt), les agents perdent immédiatement le bénéfice de leur surcote parentale.
Comment fonctionne le piège ?
- Le départ à 62 ans et 9 mois : vous partez plus tôt, mais n’atteignant pas le seuil des 63 ans, vous renoncez définitivement à la surcote.
- Le rattrapage coûteux : pour débloquer cette surcote, vous devez travailler 3 mois de plus pour atteindre 63 ans. Mais attention, à 63 ans, vous ne débloquez que votre premier trimestre majoré (+1,25 %). Pour obtenir la surcote maximale (+5 %), vous devez cotiser au total 4 trimestres supplémentaires, soit travailler jusqu’à 64 ans (ou 3 trimestres supplémentaires pour atteindre +3,75 % à 63 ans et 9 mois).
En clair : partir 3 mois plus tôt fait perdre jusqu’à 5 % de pension à vie. Vouloir récupérer cette majoration oblige à travailler jusqu’à un an de plus.
Exemple concret : quel est l’impact sur votre pension ?
Pour une pension de base moyenne de 1 800 € net par mois, renoncer à 5 % de surcote parentale représente une perte irréversible de 90 € par mois, soit 1 080 € de moins chaque année.
Sur 20 à 25 ans de retraite, ce sont plus de 20 000 € confisqués aux agents ayant élevé des enfants.
Les conseils de la CFDT-MAE : ne liquidez pas votre pension à l’aveugle !
Si vous êtes née ou né en 1964 ou au premier trimestre 1965 et que vous envisagez de partir dès 62 ans et 9 mois, suspendez votre démarche de liquidation et :
- Vérifiez votre relevé de carrière ;
- Évaluez précisément le montant de la surcote risquant d’être perdue ;
- Calculez l’intérêt financier d’un éventuel report de votre départ.
Nos revendications
Nous demandons au Ministère de saisir officiellement la DGAFP afin obtenir une adaptation réglementaire visant à aligner le seuil de la surcote parentale sur le nouvel âge légal (62 ans et 9 mois) pour les générations 1964 et début 1965. Enfin, nous souhaitons la mise en place d’un accompagnement personnalisé de la DRH, incluant un bilan individuel de retraite pour chaque agent concerné avant toute décision définitive.
Pour en savoir plus sur les retraites des fonctionnaires : consultez le site de l’Union Confédérale CFDT des retraités.