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Archives pour 22 décembre 2025

La CFDT-MAE revendique des mesures immédiates pour faciliter l’accès des enfants des ADL à l’enseignement français à l’étranger

22 décembre 2025

La CFDT-MAE revient sur l’intervention de son experte au CSAM, mère de famille française recrutée localement par l’ambassade de France à Ankara et représentante du personnel, concernant les difficultés d’accès des enfant des agents de droit local à l’enseignement français à l’étranger.

Un sujet essentiel pour les collègues ADL parents d’enfant(s)

En effet, de nombreux collègues dans le monde rencontrent les mêmes obstacles à la scolarisation de leur(s) enfant(s) dans les établissements d’enseignement français.

  • Les écoles françaises deviennent financièrement hors de portée des ADL

Dans nombre de pays – et notamment en Turquie – les écoles françaises deviennent financièrement hors de portée des agents ADL et il en est d’ailleurs de même pour beaucoup de familles françaises installées à l’étranger. Ainsi les frais de scolarité augmentent à de tels niveaux qu’ils deviennent incompatibles avec les salaires perçus par les agents locaux qui contribuent pourtant chaque jour au bon fonctionnement de la diplomatie française à l’étranger et au rayonnement de la France à l’international.

Les ADL ne bénéficient d’aucune aide pour la scolarisation de leur(s) enfant(s) dans les établissements français

Tandis que les enfants des enseignants de ces mêmes établissements bénéficient d’abattements ou d’une prise en charge et que les agents expatriés perçoivent des majorations familiales, parfois même pour des enfants non scolarisés localement, les agents de droit local, qui travaillent et œuvrent quotidiennement pour la France, ne bénéficient d’aucun avantage comparable que cela soit sous la forme d’une exonération totale ou partielle ou bien encore d’un soutien spécifique participant à la réduction des frais d’inscription et de scolarité.

Il devient urgent de mettre fin à cette inégalité de traitement entre agents de l’État à l’étranger

Il existe donc une injustice doublée d’une incohérence profonde : les ADL, qui contribuent pleinement au service public extérieur de l’État, souffrent d’une inégalité de traitement avec les autres agents qui collaborent à cette mission, alors même qu’ils n’ont plus les moyens d’inscrire leurs enfants dans le réseau scolaire français.

  • La mission fondamentale de l’AEFE d’aide à la scolarité des Français établis hors de France n’est pas assurée

L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger est officiellement chargée d’« assurer » une mission de service public relative à l’éducation en faveur des enfants français résidant à l’étranger. Mais, dans les faits, elle ne l’assure pas et la propose uniquement aux familles capables d’en assumer le coût. Cette réalité s’éloigne profondément de l’essence même d’un service public chargé d’accompagner les familles françaises établies hors de France et de faciliter l’accès de leurs enfants à un enseignement français de qualité.

Une attribution restrictive des bourses scolaires

Quant aux bourses, leurs critères d’attribution deviennent toujours plus restrictifs, parfois illogiques, et excluent de fait une grande partie des personnels locaux, alors même qu’il est de notoriété publique que certains bénéficiaires, pour les obtenir, minimisent parfois le niveau réel de leur patrimoine familial.

  • Les agents ADL demandent la mise en place d’un dispositif d’abattement partiel ou d’exonération totale pour leurs enfants

Face à cette situation, les ADL revendiquent la création d’une mesure juste, cohérente et parfaitement légitime en demandant la mise en place d’un dispositif d’abattement partiel ou d’exonération totale des frais de scolarité pour leurs enfants. A ce titre, un travail conjoint avec l’AEFE – même si le contexte budgétaire est difficile – pourrait permettre, par exemple, d’établir un pourcentage d’abattement destiné aux agents contribuant à l’action extérieure de la France.

Reconnaître et valoriser le rôle essentiel des ADL au cœur du fonctionnement des services français présents à l’étranger

Ce type de mesures s’inscrirait parfaitement dans le cadre de la mission assignée à l’AEFE et permettrait de reconnaître et de valoriser le rôle essentiel des ADL qui sont au cœur du fonctionnement des ambassades, des consulats et des instituts français à travers le monde. Il convient de rappeler que les ADL constituent la catégorie d’agents la plus nombreuse au sein du réseau à l’étranger et représentent la moitié des effectifs – hors et sous plafond d’emplois – du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Tout cela rend d’autant plus indispensable une politique équitable à leur égard.

  • Une question de justice sociale mais aussi un enjeu diplomatique, culturel et d’influence

Comment promouvoir la langue et la culture françaises lorsque les agents qui incarnent cette mission au quotidien n’ont même pas accès à l’éducation française pour leurs enfants ? Comment demander aux ADL d’être toujours plus investis et engagés dans leur travail et leurs missions alors que l’institution qu’ils servent avec loyauté ne leur ouvre pas les portes de son propre système éducatif ?

Il est essentiel d’examiner la possibilité d’un abattement partiel ou d’exonération total sur les frais d’écolage

Pour la CFDT-MAE, il est grand temps de reconnaître cette situation injuste et de mettre fin à cette contradiction. L’objectif d’une telle mesure n’est pas de créer de nouveaux privilèges mais, au contraire, de corriger une iniquité structurelle interne et de rendre cohérent ce qui doit l’être : c’est à dire une France à l’étranger qui soutient réellement et pleinement ceux qui la font vivre. Il est donc primordial d’examiner dès aujourd’hui la possibilité d’un abattement partiel ou d’exonération total sur les frais d’inscription et de scolarité, ou toute autre mesure équivalente, afin de garantir aux ADL un accès réel et équitable à l’enseignement français. C’est un sujet de justice sociale et de cohérence d’ensemble, mais aussi un gage de stabilité pour nos communautés françaises à l’étranger, particulièrement en Turquie.

  • Une situation particulièrement sensible en Turquie

S’agissant tout particulièrement de la Turquie, la situation est encore plus critique. En effet, les écoles françaises y perdent massivement des élèves depuis que le gouvernement a interdit l’inscription des ressortissants turcs. Cette mesure a touché notamment des agentes ADL binationales puisque l’une d’entre elles a dû renoncer à sa nationalité turque et entreprendre des démarches de naturalisation afin de pouvoir inscrire son enfant dans un établissement français. Ce geste fort illustre l’engagement personnel et la détermination de cette collègue qui a souhaité garantir à son enfant l’accès à l’enseignement national français et maintenir ainsi un lien naturel avec la France et sa langue. Il s’agit là d’une marque de fidélité, d’un investissement profond envers la France qui mérite d’être reconnue et entendue à sa juste valeur.

Quid de l’affirmation d’un objectif de doublement des effectifs d’élèves à l’horizon 2030 ?

De plus, accorder un abattement partiel ou une exonération aux ADL permettrait aux établissements français de pouvoir bénéficier d’inscriptions supplémentaires. Cela engendrerait également un apport financier régulier et un soutien précieux dans un contexte de fragilité financière extrême, tout en permettant aux ADL de gagner directement en pouvoir d’achat grâce à la réduction de leurs dépenses scolaires. Dans un tel contexte, favoriser le maintien d’un cursus scolaire français pour les enfants des personnels locaux ne doit pas être considéré comme un luxe mais, au contraire, comme une garantie de continuité éducative et de stabilité familiale des communautés françaises à l’étranger.

Les services publics de proximité à l’étranger maintiennent le lien naturel avec la France

Il est important de souligner que si les ADL, en particulier ceux de nationalité française, travaillent et vivent à l’étranger, c’est aussi en partie grâce au service public de proximité assurée par les réseaux consulaires, culturels et scolaires qui permettent le maintien d’une relation forte avec la France. Pour diverses raisons, ces compatriotes peuvent aussi choisir de revenir en France, notamment lorsqu’ils estiment que les conditions d’accès à ces services deviennent trop contraignants. Face à cela, il est alors plus logique de retourner en France pour bénéficier de certains droits, comme l’accès gratuit à l’enseignement public ou à la santé.

* * *

Pour la CFDT-MAE, il s’agit non seulement de réparer le plus tôt possible une injustice vis à vis de nos collègues ADL, agents de l’État assumant un service public à l’étranger qui ne perçoivent aucune aide pour la scolarisation de leurs enfants au sein du système éducatif de l’AEFE, mais aussi de permettre le maintien de l’influence de la France dans le monde à travers la diffusion de sa langue et de sa culture.

Thèmes : ADL, AEFE, compensation, Dialogue social, Recrutés locaux

Notre experte porte haut les revendications des collègues ADL du Brésil au comité social d’administration ministériel

22 décembre 2025

A l’occasion du CSAM des 11 et 12 décembre derniers, notre experte, représentante titulaire au CSAPE de Brasilia, s’est déplacée depuis le Brésil afin d’appeler l’attention de l’administration sur les revendication des agents de droit local en fonction à Brasilia, Sao Paulo, Rio de Janeiro et Récife.

  • Au Brésil, il n’existe pas de règlement intérieur !

A l’occasion d’une mission syndicale au Brésil, deux permanentes de la CFDT-MAE relèvent et signalent l’absence préoccupante d’un règlement intérieur (RI) pour les agents de droit local. La CFDT-MAE rappelle que les postes doivent, en respectant les dispositions du droit local, mettre en place un règlement intérieur (RI) pour les agents ADL. Une réflexion est alors initiée par les personnels locaux et le poste organise trois groupes de travail à partir de septembre dernier.

Uniformisation par le haut des conditions de travail des ADL

Les différents postes, Brasilia, Sao Paulo, Rio de Janeiro et Récife, sont certes éloignés et offrent des conditions de travail différentes mais le droit du travail brésilien est unique. C’est la raison pour laquelle les collègues ADL demandent la création d’un unique RI pour le pays intégrant l’uniformisation par le haut de leurs conditions de travail (heures travaillées et décompte des périodes de congés en particulier).

Le droit du travail brésilien comprend la notion de « droit acquis »

Le droit du travail brésilien (CLT : consolidação das Leis do Trabalho) comprend, du reste, la notion de « droit acquis » en ce sens que les changements de conditions de travail ne doivent pas porter atteinte aux droits déjà acquis par les employés, y compris pour le salaire, le temps de travail et les avantages sociaux. En effet, en cas de modification de la législation, le droit acquis garantit que les agents ne seront pas lésés et pourront bénéficier des normes antérieures, même si une nouvelle loi entre en vigueur.

Un projet de RI moins-disant serait inacceptable pour la CFDT-MAE

Cette notion de « droit acquis » constitue un réel blocage dans les négociations entre nos collègues ADL et le poste puisque ce dernier refuse d’uniformiser les conditions de travail en conservant les aspects les plus favorables dont bénéficient déjà une partie des agents. Même validé par l’avocat du poste, un projet de RI proposant une unification moins-disante pour tous les recrutés locaux est inacceptable et les représentants du personnels y sont défavorables. Car si effectivement, ce sont bien les règles du droit du travail local qui s’appliquent a minima, rien n’empêche l’administration d’accorder des mesures plus favorables aux agents.

Tentative de passage en force du poste ?

L’information a circulé que le RI du Brésil pourrait cependant être présenté aux chefs de service ainsi qu’à l’administration centrale, en faisant fi des droits acquis et en ne prenant en considération que le cadre basique de la loi brésilienne. Il va de soi que les représentants du personnel sont totalement opposés à un un règlement qui leur serait imposé de force.

La CFDT-MAE rappelle que ce document doit être élaboré en concertation avec les élus sur place et présenté pour avis formel, lors d’un comité social d’administration de proximité (CSAPE), avant son entrée en vigueur.

  • La protection santé : une prise en charge qui se dégrade

Si, de 2001 à 2007, l’ambassade a pris en charge intégralement la protection santé des agents recrutés locaux, la participation de l’ambassade a été ensuite ramenée à 80%. Le poste réclame à présent une participation financière plus importante de la part des ADL qui voient avec inquiétude la présentation de ce projet.

Force de proposition, les représentants du personnel ont alors demandé la création d’un groupe de travail dédié et ont présenté un plan plus économique offrant de meilleures garanties et permettant une prise en charge à 100% par l’employeur (sans que cela ne lui coûte plus cher !)

La CFDT-MAE demande à l’administration de s’engager à soutenir financièrement la couverture sociale des recrutés locaux pour leur offrir une protection sociale digne de ce nom.

  • Retraite complémentaire

Les agents demandent une participation de l’employeur dans le cadre d’un contrat de retraite complémentaire, comme cela existe dans d’autres ambassades au Brésil et au sein du réseau français.

  • Un certain nombre de nuisances pénibles pour les agents

Des nuisances sont à signaler : le bruit d’abord, lié aux travaux en cours à l’ambassade voisine des États-Unis (même si certaines solutions temporaires ont pu être mises en place telles que des changements de bureau, la mise à disposition de casques antibruit ou la création d’une salle commune pour les détenteurs d’un Itinéo) et la forte chaleur ensuite, liée à l’absence de climatisation et son risque sanitaire associé (les agents finissent par ouvrir portes et fenêtres, les exposant ainsi au risque sanitaire élevé d’attraper la dengue, très présente à Brasilia).

  • La révision nécessaire du cadre salarial

Pour rappel, les salaires du cadre ont été fixés à l’origine au moment du passage à l’euro, en appliquant simplement le taux de change fixé pour l’euro aux sommes exprimées jusqu’alors en francs français.

Forte hausse du coût de la vie et baisse du pouvoir d’achat

L’inflation constante enregistrée au Brésil a entraîné une forte hausse du coût de la vie – en particulier dans les villes – et a réduit de fait le pouvoir d’achat des recrutés locaux dont les salaires n’ont pas augmenté au même rythme. Les prix à la consommation des produits et des services ont été impactés par la dévaluation historique du réal en 2024 face au dollar, qui a eu pour conséquence de rendre plus chères les importations de matières premières et d’énergie ainsi que celles des biens et des produits. Les salaires proposés sont désormais décorrélés du coût de la vie, une revalorisation du cadre est donc attendue par les agents de droit local dont certaines fonctions, par ailleurs, n’ont pas toujours été mises à jour en l’absence de fiches de poste adéquates.

Reclassements des postes de travail des agents dont les fonctions ont évolué

Les agents locaux revendiquent également la reconnaissance des compétences et des capacités acquises par l’expérience et l’évolution du périmètre des tâches qui leur sont confiées par le poste. Ainsi, il apparaît désormais nécessaire de répondre au mécontentement et à la frustration des agents concernant leur poste de travail dont l’élargissement et les changements de fonctions exercées au cours des années n’ont pas été pris en compte par le Département.

De même, pour l’avenir, la CFDT-MAE demande que toute modification substantielle du niveau de responsabilité et/ou des tâches à effectuer des ADL fasse l’objet d’une révision de leur fiche de poste et implique en conséquence une revalorisation de leur niveau de rémunération.

Thèmes : ADL, Brésil, Cadre salarial, CSAM, Dialogue social, Réglement intérieur, Rémunération, Santé

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