L’experte de la CFDT-MAE est intervenue au CSAM, le 11 décembre dernier, au point d’étape de la mise en place des concours réformés et plus particulièrement sur le nouveau concours de recrutement des secrétaires des affaires étrangères (SAE).
Un nouveau format plus professionnel
Si notre syndicat a validé, d’une manière générale, le nouveau format du concours interne de SAE, dont les épreuves apparaissent effectivement plus professionnelles et bien adaptées à la stratégie de recrutement de la DRH, cette appréciation positive souffre d’une exception avec l’épreuve de questions à choix multiple (QCM).
Un questionnaire à choix multiple (QCM) inadapté…
En effet, notre experte avait déjà alerté l’administration, lors du comité social d’administration ministériel de mai 2025, sur le caractère inadapté de cette épreuve à pouvoir sélectionner des futurs secrétaires des affaires étrangères. A titre d’illustration, nous avions alors proposé aux participants du CSAM de faire ensemble un petit QCM afin de mettre en exergue le décalage de cette épreuve avec les fonctions réellement exercées par un diplomate du MEAE. L’intervention de la CFDT-MAE, qui aurait pu permettre de rectifier le tir pendant la phase de préparation du concours, n’a malheureusement pas été prise en compte par l’administration et cette épreuve a été mise en place à la fin du mois de novembre.
…et peu pertinent pour évaluer un futur cadre A du Département
Notre organisation continue à penser que cette épreuve – qui concrètement suppose d’apprendre par cœur l’intégralité des pages du site de France Diplomatie – n’est pas appropriée pour des agents qui passent le concours en interne et sont déjà engagés dans la vie professionnelle et peu pertinente au regard des postes qui seront ensuite occupés par les lauréats de ce concours (rédacteur politique par exemple).
L’épreuve des questions à réponse courte (QRC)
Après avoir interrogé nombre de candidats – qui ont tous déploré le fait que cette épreuve de QCM était à la fois la plus exigeante en termes de préparation et en même temps la plus éloignée d’une véritable pratique professionnelle – la CFDT-MAE suggère à la Direction des ressources humaines de réorienter cette épreuve de la manière suivante :
- Abandonner la partie de l’épreuve QCM et se concentrer uniquement sur la partie de l’épreuve intitulée questions à réponse courte (QRC). Cela pourrait se concrétiser, par exemple, par la hausse de deux à trois du nombre de questions à réponse courte proposées aux candidats. De fait, pour la CFDT-MAE, l’épreuve de QRC semble bien plus pertinente en ce sens que les réponses apportées aux questions permettent d’évaluer à la fois les connaissances des candidats relatives au MEAE, leurs aptitudes rédactionnelles et leur capacité de réflexion et de structuration de leur pensée ;
- Changer de prestataire pour la préparation de cette épreuve : en effet, la préparation interne dispensée par le prestataire choisi par le Département (d’abord La revue d’études by Demos, qui a fait faillite en cours de route, puis Tremplin qui a pris le relais après deux mois de pause), n’était pas du tout adaptée, ni sur le fond, ni sur la forme, à la réalité de cette épreuve. Sur la forme en particulier, la préparation prévoyait une seule réponse possible parmi trois choix, avec un système de notation uniquement positif, alors que lors du concours il était possible de sélectionner de une à quatre réponses parmi les quatre options proposées, avec un système de notation incluant à la fois des points positifs et négatifs. C’est la raison pour laquelle beaucoup de candidats ont été déstabilisés le jour de l’épreuve, et obtiendront possiblement de mauvaises notes, en dépit du fait qu’ils aient suivi scrupuleusement la préparation au concours. Quel temps perdu pour eux, et quel argent gaspillé pour l’administration !
Enfin, la CFDT-MAE relève, à nouveau, que la préparation n’inclut toujours pas la deuxième langue étrangère obligatoire, y compris pour le cadre général (espagnol, allemand, italien, portugais), alors même qu’au concours cette épreuve est éliminatoire en-dessous d’une note obtenue de 10/20. De facto, cela constitue un gros manque dans la préparation du concours.
